Après les pluies torrentielles et orages diluviens des 27 & 28 Août 2026 dernier, où la commune de Vallouise-Pelvoux a été encore fortement impactée, techniciens, préfecture et élus ont effectué un état des lieux pour imaginer les actions correctives immédiates et penser le futur.
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Les dégâts des orages de fin Août 2026
Ces dégâts ont été causés à la suite de violents orages survenus les 27 et 28 août dans le département, dont l’intensité a fait sortir plusieurs cours d’eau de leur lit, entraînant des crues spectaculaires sur trois torrents, avec d’impressionnantes coulées de boue.
- La route d’accès a bien sûr été fermée. 9 véhicules se sont retrouvés coincés sur le parking. Mais heureusement pas de victimes. Mais le tracé a été lourdement impacté, avec plusieurs portions emportées, des coulées de boue, des chutes de blocs, des décaissements jusqu’à 20 mètres et berges emportées. Bref, le paysage n’était plus trop reconnaissable.
- Plusieurs infrastructures ont été détruites sur la commune de Vallouise-Pelvoux : plusieurs routes, espaces de loisirs, conduites d’eau potable et conduites d’assainissement ont été emportés. La commune avait déjà été lourdement touchée en juin 2024. Elle va déposer une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Mais elle ne pourra pas financer seule les corrections.
- Des volumes de matériaux considérables sont descendus.
La Bérarde a déjà été touchée également en 2024, voici donc un haut lieu des Écrins lourdement impacté. Avec à la clef sans nul doute des impacts économiques majeurs côté socio-professionnels de la vallée. Le Pré de Madame Care est le site le plus fréquenté du Parc des National Ecrins. Il donne accès à plusieurs refuges (celui du Pré de Madame Carle est privé, et ceux des Ecrins et du Glacier Blanc sont FFCAM).
Imaginer le futur accès au site
Le 2 septembre, après une réunion avec toutes les parties prenantes, le Président du Parc des Ecrins (Arnaud Murgia) et le Président du Conseil Départemental (Jean-Marie Bernard), accompagnés du Préfet, ont annoncé que « la route touristique RD204T entre Ailefroide et le Pré de Madame Carle à Vallouise-Pelvoux, ravagée par la crue du torrent de Saint-Pierre ne sera pas reconstruite ».
- Les techniciens du Parc national des Écrins et du service de Restauration des terrains de montagne qui l’accompagnaient ont eux aussi pu mesurer l’ampleur du sinistre.
- Tous ont échangé sur les limites de la Loi sur l’Eau qui ne permet pas d’intervenir rapidement pour contenir les risques (des dossiers doivent être instruits, l’extraction de blocs rocheux et surtout la construction d’enrochements en béton doivent être justifiés)
- Environ 30 000 véhicules l’empruntent pour rejoindre le parking situé au pied du glacier et du massif (estimé de 100 000 randonneurs alpinistes marcheurs, grimpeurs).
- Les élus ont jugé que les évolutions climatiques rendent les risques trop importants pour revenir à la situation ex-ante. Les dégâts sont jugés irréversibles.
Les premières actions correctives et décisions
Premières décisions correctives et principes ont érigés :
- Un accès par sentier pedestre va être rétabli au plus vide entre Ailefroide et le Pré
- Une passerelle va être remise en place pour traverser le torrent du glacier noir
- La route d’accès est maintenant fermée, une sorte d’hivernage anticipé, mais définitif
- Un parking entre Ailefroide et le Pré de Madame Carle est envisagé, avec peut être une navette jusqu’à un cheminement piéton
- Il va falloir imaginer un nouveau mode d’accès durable du cœur du parc : un schéma directeur d’ici décembre, afin que les actions soient prises pour la saison estivale 2027
L’accès au cœur des Écrins est donc à repenser, avec des infrastructures moins vulnérables aux phénomènes naturels. On pense évidemment aux conséquences de la fonte du Glacier Blanc, avec les risques associés (lac glaciaire). Nul doute que la réflexion devra inclure les risques sur le hameau de Ailefroide également. Pas simple. Les conséquences du réchauffement climatique, avec davantage de phénomènes climatiques extrêmes, ont bien visibles. Une « nouvelle donne » climatique entraînant une réflexion sur une transformation des accès à la montagne.
Crédits Photo : Marcel Canat / Gaëlle Moreau












